Terminator – la nuit du cyborg mort vivant

James Cameron est un type qui, même si l’on n’aime pas ses délires technologico-cinématographiques récurrents, mérite le respect. Avec ce premier film écrit par ses soins , « Terminator » (1984 ), Cameron ne livre pas moins que le film matriciel de S.F. des années 80. Entre film post apocalyptique et imagerie du film d’horreur, le film bluffe par ses effets visuels et son ambition scénaristique.

Synopsis : A Los Angeles, un Terminator, cyborg venu du futur, revient en l’an de grâce en 1984 avec pour mission d’exécuter Sarah Connor, une jeune femme sans histoires. Sarah sera en effet la future mère de John Connor, leader de la rébellion humaine victorieuse sur le règne des machines en 2029, là d’où vient le Terminator. Kyle Reese, un résistant humain lui aussi venu du futur, envoyé par son leader John, se met à la recherche de Sarah Connor pour sauver la jeune femme dont dépend l’avenir de la race humaine

C’est avec Terminator que James Cameron se fit remarquer par les studios. Jusque-là, cet ancien camionneur était passé par tous les postes d’un plateau de cinéma (scénariste, chef opérateur, monteur, superviseur des effets visuels) dans de nombreux films de genre (dont New York 1997 de John Carpenter, et Star Wars) . Si le film montre par moment de légères maladresses de mise en scène, avec la scène d’amour par exemple, il n’en reste pas moins porteur de toutes les thématique de son cinéma.

James Cameron sur le plateau de « New york 1997 », en plein matte painting (trucage visuel)

On y trouve en effet déjà les prémices de l’imagerie guerrière qui fera la grandeur de son Aliens, le retour. Cameron ne l’oublions pas est un vétéran du Vietnam et porte ce traumatisme en lui à jamais. Les scènes futuristes de Terminator sont quasiment plan pour plan celle de la planète LV426 d’Aliens, faites de G.i’s de l’apocalypse mis à mal par une force quasi invincible (Terminator, Aliens).

Une esthétique du futur proche de celle de la planète d' »Aliens, le retour ».

Terminator contient également les prémices de ce qui deviendra l’héroïne Cameronienne par excellence . De Sarah Connor à Neytiri (Avatar) en passant par Helen Ripley (Aliens) jusqu’à Rose (Titanic) sans oublier Lindsey Brigman (Abyss) ou Helen Tasker (True Lies) , le cinéma de James Cameron a pour épicentre le parcours initiatique d’une femme au caractère bien trempé ( ou qui s’endurcira) . Ainsi, dans Terminator, Sarah Connor mue par son instinct de survie passe de la serveuse de diner maladroite à une guerrière tueuse de robot. Parcours qu’elle achèvera en devenant la guerrière ultime dans Terminator 2.

Sarah Connor, d’abord victime, future machine à tuer. La Cameron girl en puissance

Outre le genre de la S.F post apocalytique, avec son esthétique anxiogène de machines écrasants des crânes humains, Terminator brille par son savant mélange avec d’autres genres. Tout un pan du film est basé sur la thématique et l’esthétique du Giallo italien. Comme dans ces thrillers des années 70, le tueur est mystérieux, très peu loquace, porte des lunettes de soleil et des gants en cuir. Le fait que les ¾ du film se déroule la nuit n’est pas non plus sans rappeler ces films.

Le Terminator ce tueur calqué sur les séries B italiennes

Autre genre largement illustré et s’adaptant aux situations nocturnes et à l’angoisse : le film de zombie. De la scène où la tête du Terminator émerge du bitume à celle où il rampe sans jambe poursuivant sa victime, en passant par ce moment où on le croit mort et où il se relève des flammes, sans oublier ces magistraux moments où la machine se charcute le bras et le visage au scalpel, tout dans Terminator est fait pour rapprocher la machine de ces tueurs infatigables que sont les morts vivants. Leur suprématie à venir sur le genre humain est semblable à la logique de contamination zombiesque qui éradique aussi l’éspèce humaine, d’une autre manière.

Si ça ce n’est pas du film de mort vivant…

Très intelligent dans ses thèmes, le film à en plus l’énorme qualité d’avoir une mise en scène diablement efficace. Terminator est en effet mené tambour battant, avec un rythme si soutenue qu’il est bien difficile de trouver une seconde où l’on peut lâcher le bord de son siège et souffler un peu. Un rythme à l’image de l’inlassable machine à tuer qui traque l’héroïne et son ange gardien.
Rapide, explosif, impressionnant, Terminator ne ralenti que lorsque le machine s’approche de ses victimes, . Le film passe alors en ralenti, avec une musique tout aussi mécanique que le robot, afin de vous faire sentir comme dans un rêve, ou plus précisément un cauchemar. Ce robot venu du futur pour tuer une Mme tout le monde est si incroyable que la mise en scène en devient onirique. Autre excellente idée, nous rendre crédible ce robot (au-delà de la magnificence des effets spéciaux) en nous montrant le monde à travers ses yeux. Ecran rouge, viseur intégré, écritures informatiques, on se croirait dans la peau (décharnée) du cyborg.

Rythme endiablé de Cameron, effets spéciaux incroyables de Winston. L’apogée de la S.F.

A la fois violent, fascinant et captivant, James Cameron avec Terminator atteint son but initial : faire LE film de robot définitif. Une référence encore aujourd’hui en matière de science fiction qui sera inlassablement copiée, mais jamais égalé, si ce n’est par son successeur Terminator 2, qui y injecte une bonne dose d’humour. Avec son rythme effréné ce premier film instaura de nouveaux standards dans le monde des effets spéciaux, lança la carrière de Cameron, Bienh, et Schwarzenneger. Ce dernier ignorait alors qu’il entrait dans l’histoire du cinéma en une seule réplique: « I’ll be back ». 

Terminator un film de James Cameron, avec Arnold Schwarzenegger, Michael Biehn, Linda Hamilton

Pr Wicked

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