Skyfall – On ne vit que 3 fois

50 ans que 007 à fait sa première apparition sur les grands écrans . 50 ans d’une franchise protéiforme qui vit autant de classe, d’humour et de sensualité que d’errances techno pop sur-gadgetisées. Dès lors difficile de définir ce qu’est « un vrai bond », tant chaque interprètes reflète chacun sa propre époque. Tache très ardue alors que de payer son hommage à 50 ans de diversité, tout en inscrivant malgré tout Skyfall dans la suite des Craig Bond. Un pari pourtant relevé avec panache grâce à une mise en scène aérienne et musclée, une photographie hypnotique, de l’humour et une belle réinvention du mythe.

Synopsis : Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M est obligée de relocaliser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : Bond.

Très difficile de définir donc ce qu’est un vrai bon Bond. En revanche ce qui est incontestable c’est que les canons absolus de la franchise furent tous établis lors des trois premiers bond : Dr No (1962), Bons baisers de Russie (1963) et l’insurpassable Goldfinger (1964). Classe, action humour, et suspens. Autant de caractéristiques possédées par Sean Connery. Autre temps autre Bond, Daniel Craig lui avec Casino royal apparu comme un Bond au croisement entre Jason Bourne et Ethan Hunt (Mission Impossible). Sexy et efficace, mais plus une brute qu’un modèle de classe irrésistiblement british.

Le nouveau bond passe plus de temps que ses prédécesseurs en salle de muscu . Plus une brute qu’un gentleman. Les temps changent.

Malgré ce changement de ton résolument moderne, Casino Royal affichait une volonté de remonter aux sources du mythe, en adaptant le tout premier roman de Ian Fleming. Comment Bond obtenait son permis de tuer, et pourquoi ce détachement émotif par rapport aux femmes. Cette démarche de prise de recul sur toute la franchise trouve un aboutissement magnifique dans Skyfall. Car Skyfall entend dépouiller la franchise de tous ses artifices acquis après 50 ans d’évolution. Et ce processus va être graduel, comme pour mieux nous montrer petit à petit comment on retrouve l’essence première du personnage de Bond.

Ainsi le film s’ouvrira par la destruction du mythe de 007. On nous montre un Bond obsolète, vieilli, qui n’est plus que l’ombre de lui même. Défaillant physiquement, psychologiquement, l’image du super espion prend une sévère balle dans le buffet. A la question « C’est quoi ton hobby ? », 007 répondra « la résurrection ». résurrection à la fois du personnage mais de toute une franchise. But qu’il atteindra en remontant à ses propres sources (la maison familiale) comme au source du héros Bondien : L’Ecosse de Sean Connery. Seulement alors 007 renaîtra de ses cendres.

De Goldfinger à Skyfall. ou comment faire revenir Bond à ses origines familiales et cinématographiques. Splendide métaphore.

La déconstruction de la franchise passe aussi par le dépouillement de la mise en scène . Alors qu’on commence par une mise en scène très 2010 sur une course poursuite à la Casino royal on passe lentement mais sûrement à un côté action movie des années 90 façon « Une journée en enfer ». Héros vieillissant, usé, un méchant qui fait tourner chèvre Bond à travers le métro de Londres, et dont les motivations sont bien plus personnelles que criminelles. Pour finir on arrive dans un bon vieux film d’espionnage, sans fioritures, des années 60  à la James Bond contre Dr No. Un bon un méchant, une maison retranchée. l’essence du genre. Faire emprunter à 007 cette machine à remonter le temps stylistique est la démarche artistique de la franchise la plus intéressante qu’il nous ait  jamais été donné de voir. Ingénieux et brillant. Il suffit d’entendre la chanson d’ouverture de Adèle proche des Diamants sont éternels pour voir qu’on s’éloigne résolument des thèmes très rock de Casino Royal, et de Quantum of solace.

John Mc Bond se fait balader dan sa propre ville ! Vive l’action movie des années 90 !

Une classe qui passera d’avantage qu’a son habitude par Daniel Craig toujours impeccable mais surtout par une élégance de la mise en scène quasi contemplative et posée du grand Sam Mendes (American beauty, Les sentiers de la perdition). L’homme sait filmer la lande écossaise comme peu de personnes. Paysage froid et sublime, tel une parfaite métaphore du caractère d’un Bond en pleine introspection. Aidé par une photographie tout en ombres et contres jour, magnifiquement éclairé, Skyfall est aussi d’une classe affolante visuellement. Le scénario lui se charge d’insuffler ce qu’il faut d’humour flegmatique so british pour ravir les nostalgiques de Sean Connery, un humour qui nous manquait vraiment depuis la fin de l’ère Brosnan.

Contre jour, lumières nocturnes. « Skyfall » à des images sublimes

Un grand Bond, c’est aussi un grand méchant. Et à ce titre Javier Bardem est absolument délectable . A la fois menaçant, fascinant, touchant et drôle, ce méchant de Bond restera comme un des plus grands de la franchise. Mention spéciale pour la scène où il révèle ses raisons à M, qui reste stoïque. Glaçant et si triste à la fois. Ça nous change de Mathieu Amalric de Quantum of Solace, ça, c’est sûr !

Forcément on vous colle la coupe à Astérix, ça énerve !

Skyfall entend enfin être LE bond qui paye son hommage aux grandes heures de la série. De clins d’œil aux titres d’anciens opus, jusqu’à des musiques reprises des premiers bonds en passant par des petites piques aux dérives technologiques de la franchise ,sans oublier la reprise d’anciens gadgets,ou encore une pirouette finale qui nous ramène aux prémices de Dr No, ce Skyfall donnera la chair de poule à n’importe quel fan aguerri de 007

Vieux James, jeune « Q »… « vous vouliez un stylo qui explose ? »

La mise en scène posée de Sam Mendes, l’humour et la photographie racée apportent donc à Skyfall ce qui manquait jusque là aux James Bond par Craig  : de la classe. Le film opère un astucieux retour aux sources par un style qui part de Casino royal pour arriver à la simplicité des premiers bond tout en passant de la déconstruction du mythe pour arriver à sa (re)naissance 50 ans plus tôt. Bref du grand art, et un 50ème anniversaire on ne peut mieux célébrer. James Bond begins en somme.


Skyfall, un film de Sam Mendes Avec Daniel Craig, Judi Dench, Javier Bardem

Pr Wicked

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2 réflexions au sujet de « Skyfall – On ne vit que 3 fois »

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