Frankenstein – 1931 – Et L’homme créa le monstre

Reconnu sans conteste comme étant le plus grand film de monstre jamais réalisé, « Frankenstein » est la seconde production après « Dracula » ( Tod Browning) de la vague mythique d’horreur qui déferla sur la Universal à partir de 1931 pendant une décennie. Chargé d’une rare poésie et d’un discours métaphorique sur la religion et la xénophobie, « Frankenstein » fait preuve d’une modernité exceptionnelle pour son grand âge en véhiculant des thèmes encore repris de nos jours. Simplement mythique.

Synopsis : Hennry Frankenstein est un jeune scientifique qui rêve de créer un être humain à l’aide de ses connaissances. En compagnie de son assistant Fritz, les deux hommes vont concrétiser ce dessein à partir de morceaux de cadavres mais l’expérience va tourner au cauchemar. En effet, le monstre à qui les savants ont greffé le cerveau d’un criminel, va échapper à leur contrôle et commettre plusieurs meurtres.

1931 fut une année charnière dans l’histoire du cinéma fantastique. Carl Laemmle Jr, fils du fondateur de la Universal n’a en effet que 20 ans en 1926 quand il prend la succession de son père à la tête du studio. Un nouveau regard plus jeune qui débouchera sur Dracula début 1931. Faire de l’horreur pure, sans comédie à l’intérieur était nouveau et un pari risqué à l’époque. Un ton inédit qui fit sensation et tandis que les journaux faisait état d’évanouissements dans les salles de cinéma, le public s’amassait faisant du film un phénomène. Les Universal Monsters étaient nés.

Welcome to Universal, Home of the Monsters

Frankenstein sortit à peine 10 mois après Dracula. Là encore, Universal mise tout sur le fantastique pure. Maquillage élaborée, foudre, meurtre, Laemmle Jr continue d’écrire l’histoire du Fantastique. Son ouverture d’un narrateur s’adressant directement au spectateur le prévenant de se méfier du choc que le film sera n’est pas un artifice commercial. C’est Universal qui décida de l’ajouter avant le film suite à des cas de peur aiguës de paniques similaires  à celles  de Dracula, lors des premières projections.

Message de service, Le propriétaire de la traction avant immatriculée dans l’Ohio est prié de déplacer son véhicule. Sinon faites gaffe, le film fait peur !

Si ce film se démarque des autres c’est bien plus grâce à son esthétique sombre et unique qu’a son scénario incroyable. Une imagerie qui instaura à jamais le mythe du laboratoire du savant fou. Une tour sombre aux escaliers en colimasson un atelier bardé des poulies, d’électrodes et de lumières clignotantes, sans oublier le valet bossu qui boite, un flambeau à la main. 80 ans plus tard, le somptueux décor de cet âge d’or du cinéma fantastique impressionne toujours par son classicisme indémodable.

Et le cinéma découvrit le laboratoire et son savant fou ultimes

Non content d’être marquant visuellement, Frankenstein marque l’entrée dans l’histoire du cinéma du monstre par excellence. Celui connu même par ceux (très nombreux) qui n’ont jamais vu le film. Une tête plate, des vis dans le cou, une cicatrice qui court sur le front, Boris Karloff donne vie à la créature grâce à sa stature de géant. Un colosse aux yeux follement expressifs qui firent que Laemlle Jr  le choisit pour le rôle justement pour cette fragilité sous jacente : « Ces yeux reflétaient la souffrance dont nous avions besoin » expliqua le producteur.

Tristesse et effroi. Karloff inoubliable

Si Frankenstein a si bien vieillit, c’est aussi et surtout parce qu’il ne se limite pas à vouloir effrayer (comme Dracula le faisait). Ce récit est avant tout l’histoire de la bêtise humaine. Une espèce assez vaniteuse pour essayer de vouloir jouer à Dieu en créant la vie, mais trop lâche pour l’assumer et assez stupide pour enchaîner sa propre création, faute de réussir à la maîtriser.

Dieu est bien embêté, il ne sait pas quoi faire de Adam…

L’attaque de la meute de villageois finale armés de torches et de fourches, elle n’est rien de moins que la métaphore du rejet de l’inconnu, un discours précurseur en 1931 tandis qu’en Allemagne (pays du père de Laemmle Jr) montait la persécution des gens jugés différents. Pour preuve la seule personne à accepter la créature pour ce qu’elle est sera cette petite fille, incarnant la pureté et la tolérance. Un moment au bord de l’eau d’une poésie incroyable, calme avant la tempête finale.

Quand les enfants sont plus intelligents que les adultes. Un sommet de poésie

Présentant un vrai rythme et une esthétique inoubliable, Frankenstein est un moment clé de l’histoire du cinéma qui fit entrer des noms tels que James Whale, et Boris Karloff au panthéon du fantastique. Touchant, édifiant, et profondément humain on y retrouve l’essence du drame écrit par Mary Shelley une nuit d’orage.
De remake avec De Niro , en référence perpétuelle de Tim Burton, ce film est immortel. Preuve que 80 ans après Frankenstein IS ALIIIVE ! ALIIIVE !!

Frankenstein un film de James Whale avec Boris Karloff, Colin Clive, Mae Clarke

Pr Wicked

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3 réflexions au sujet de « Frankenstein – 1931 – Et L’homme créa le monstre »

  1. Très juste et joliment illustré. Les passage des villageois avec leurs torches et de la petite fille me font toujours autant pleurer, comme ceux dans King Kong face à la même bêtise humaine. En revanche j’ai horreur du remake.

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