End of watch – Les (vrais) flics de Beverly Hills

S’il y a bien une profession qui a la côte au cinéma et ce depuis ses débuts, c’est bien celle de policier. Au point même qu’un sous genre en émerge : le Buddy cop movies. Celui où un tandem de flics aux caractères opposés doivent cohabiter et mener l’enquête. En revanche ce qu’on n’avait pas encore vu c’est un Buddy cop movie réaliste. Immersif, violent, mais malgré tout très humain et même parfois drôle, End of Watch est un beau boulot de mise en scène même si l’esthétique « camera portée » en 2012 à fait son temps.

Synopsis : Chaque jour, Brian Taylor et Mike Zavala, jeunes officiers de police, patrouillent dans les rues les plus dangereuses de Los Angeles. Brian filme son quotidien au travail pour un projet de l’académie de police. AU fil de perquisition étrange ils mettent à jour quelque chose qui pourrait être bien plus dangereux pour eux qu’ils ne le pensent .

Soyons francs, au début on a eu très peur. Peur parce que les images qu’on nous montre sont celles filmées soit par la caméra de surveillance de la voiture de patrouille des deux flics, soit celles de leurs collègues, ou soit par le caméscope de l’agent Taylor (Jake Gyllenhaal). Et après 10 minutes de ce type d’images, on est tentés de se joindre à ses collègues qui lui disent « arrête de filmer ». Mais nous on a envie d’ajouter une note au réalisateur : « Sérieux vieux, tourne la page, Blair witch style c’était bien il y a 15 ans… »

« Yo check, one, two, pépére t’as vu gros ! wesh ! ça c’est ma caméra mec, je vais filmer avec ! »  Non Jake sois gentil pose ça !

Mais le réalisateur et scénariste David Ayer (scénariste du très bon Training day) n’est pas un manchot. Il lâche doucement sans en avoir l’air ces points de vues internes et inclus de plus en plus de plans normaux extérieurs aux regards des protagonistes. la caméra reste certes toujours en mouvements et le montage saccadé voir frénétique mais on est plus proche d’un cinéma classique. C’est d’ailleurs ce filmage qui apportent à End of watch ce qui lui donne toute sa puissance : une immersion et un rythme incroyable. Alternant entre moments d’actions suffocants et altercations musclées, David Ayer ne nous laisse le temps de reprendre notre respiration qu’en même temps que les deux flics : pendant leur patrouille, filmée par le caméscope de Taylor. Niveau mise en scène c’est du lourd.

Niveau immersion, on est servis. Un film sous tension

Ce qui frappe aussi c’est le réalisme apporté au propos. Non, la police de Los Angeles ce n’est pas Axel folley dans Le flic de Beverly Hills, nous dit-il très clairement. On a de la paperasse, on se fait insulter, on découvre des trucs infâmes, et pour peu qu’on soulève un lièvre involontairement les choses peuvent s’envenimer très rapidement. Un réalisme qui oblitère d’emblée toute notion de héros ou de cow boy des temps modernes trop souvent véhiculés par Hollywood. Pour preuve même après un acte réellement héroïque et une médaille bien méritée, nos gars se retrouvent comme avant dans leur voiture en train de se demander ce qu’est un héros. Un questionnement pertinent et parfaitement traité dans End of Watch.

Après une découverte majeure, on est prié de dégager par la le FBI. Vive la police !

Pour porter cette authenticité, il fallait bien sûr des acteurs crédibles en flics de tous les jours. Des durs à cuirs au travail, mais des Messieurs tout le monde dans leurs tracas quotidiens. Les femmes, les beaux parents, les enfants, bref la vie. Ces moments profondément humains sont ceux  filmés dans l’habitacle de la voiture de patrouille . Quand rien ne se passe et qu’on se raconte sa vie. Jake Gyllenhaal et Michael Peña sont à la hauteur de la tâche et nous rendent ces deux flics d’une crédibilité aussi puissante que celle du montage. On a l’impression de n’avoir jamais vu Jake avant tant on a l’impression de regarder un reportage sur un vrai flic .

Tranches de vies, confessions, rires. La vraie vie.

Du danger partagé qui forge la fraternité, à la peur et aux montées d’adrénaline, End of Watch est une fascinante plongée au cœur de la vraie vie des flics de Los Angeles. Servi par une mise en scène et un montage sous tension, le film est certes un peu trop filmé en caméra HD façon found footage, mais tellement grisant qu’on en a souvent le souffle coupé. Si vous aimez l’action et que vous voulez être scotchés à votre siège, End of Watch est pour vous.

End of Watch un film de David Ayer avec Jake Gyllenhaal , Michael Peña
Au cinéma le 14 novembre 2012

Pr Wicked

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