La communauté de l’anneau – Le nouveau Star Wars

Mon Dieu que le temps passe vite ! Il nous semble que c’était hier qu’on bouquinait notre pavé de l’intégrale du Seigneur des anneaux en 2001, attendant impatiemment que les films sortent. Ce roman phare de l’Heroïc Fantasy J.R.R Tolkien, linguiste d’Oxford , passa sa vie à en créer l’univers. Des terres du Milieu au langage elfique en passant par les runes naines, ou l’historique et la création de nombreuses races, Cette œuvre colossale est la plus folle jamais créée. Par conséquent son adaptation cinématographique, devant tant de richesse et d’ampleur , était réputée impossible. Puis arriva Peter Jackson…

Synopsis : Le jeune et timide Hobbit, Frodon Sacquet, hérite d’un anneau. Bien loin d’être une simple babiole, il s’agit de l’Anneau Unique, un instrument de pouvoir absolu qui permettrait à Sauron, le Seigneur des ténèbres, de régner sur la Terre du Milieu et de réduire en esclavage ses peuples. À moins que Frodon, aidé d’une Compagnie constituée de Hobbits, d’Hommes, d’un Magicien, d’un Nain, et d’un Elfe, ne parvienne à emporter l’Anneau à travers la Terre du Milieu jusqu’à la Crevasse du Destin, lieu où il a été forgé, et à le détruire pour toujours.

Pour bien comprendre la place de La communauté de l’anneau dans le cinéma, il faut bien comprendre que niveau choc initial, rien d’aussi épique, novateur, distrayant et visuellement épatant à la fois n’avait été proposé aux spectateurs depuis La guerre des étoiles épisode 4 en 1977. Le lancement d’une nouvelle trilogie, faite par un fan de Tolkien pour les fans de Tolkien qui passa cinq années de sa vie à peaufiner son adaptation avant d’entamer le tournage de la trilogie sur plus d’un an et demi. Le résultat est tout simplement à couper le souffle.

Un an et demi pour tourner les trois films simultanément. Le fou derrière ce projet est au milieu

Le premier défi de Peter Jackson est de rester fidèle à l’envergure du récit de Tolkien. Des pages de l’auteur naissent un vaste monde qu’il a couché sur carte et il nous plonge en faisant naitre un sentiment de grands espaces incroyables. De cette nécessité né un style propre à la trilogie. Une mise en scène qu’on pourrait qualifier d’ « aérienne » (comprenez tourner depuis un hélicoptère) Le cinéaste afin de rendre cette spatialisation de l’action propre au roman dessine des cercles au-dessus de ses personnages. De vallée en mont neigeux, de sous- bois en cité sylvestre, de rivières en mine démoniaque, Jackson fait de sa caméra un œil qui se faufile partout, plonge dans les ténèbres avant de s’envoler au-dessus de plaines rocheuses, sans oublier de se poster sur une flèche qui va se planter dans le crâne d’un orque. Un filmage contemplatif et immersif à la fois qui fait toute l’ampleur de cette aventure.

Grand espace vue aérienne, personnage minuscules. Illustration parfaite des grands espaces du roman

La difficulté d’adapter ce premier volume de la trilogie culte, c’est qu’il est très complexe dans sa structure. Il installe les personnages, les enjeux, l’intrigue, mais est néanmoins ponctué de nombreux morceaux de bravoures qui doivent s’intégrer à la description de toute la mythologie du monde de Tolkien. Peter Jackson fait là encore preuve d’intelligence et choisit de poser la mythologie avec une longue séquence d’ouverture narrée en voix off par Galadriel, et enchaine avec la voix off de Bilbon Sacquet, en reprenant quasiment page par page le premier chapitre dans sa présentation d’Hobbitbourg. Nombreux seront les passages en voix off de la sorte, qui permettent à Jackson d’illustrer le propos par les images tout en l’enrichissant d’informations supplémentaires utiles sans avoir à les filmer elles aussi.

Prologue mêlant le Silmarillion et Bilbo le Hobitt. Génial

Mais autant d’ingéniosité n’aurait jamais rendu ce tour de force possible sans la révolution des effets spéciaux que constitua La communauté de l’anneau. Le Kraken, le Balrog, le troll des cavernes, autant de monstres colossaux qu’il aurait été impossible de mettre en scène autrement que par la magie des ordinateurs de Weta Workshop, le pendant néozélandais de Lucasart. Rien que lorsque l’on plonge dans les forges d’Isengard, le vertige est tel qu’on en est scotché à son siége quand on le voit pour la première fois, tout comme le furent les spectateurs de la course poursuite sur l’étoile noire en 1977

YOU SHALL NOT PASS !

Le plus beau dans tout cela, c’est qu’au milieu de ce film épique, qui accumule les frissons, le divertissement et l’émerveillement, , Peter Jackson parvient à rester précis et intimement proche de chaque personnage. La communauté de l’anneau est  réussi car il arrive à nous faire ressentir les fêlures, les peurs, les joies et les douleurs de chacun. Le passé compliqué d’Aragorn, la frustration de Boromir, l’insouciance des Hobbits, l’amour d’Arwenn, la sagesse de Gandalf. Une attention aux détails des personnages qui n’est égalée que par la magnificence des décors qui vous immerge au cœur de cette communauté dont chaque spectateur se sent comme le dixième membre invisible.

Doutes, faiblesses, mélancolie, Peter Jackson reste au plus prés de ses personnages, malgré l’ampleur du récit

Digne de se voir décerné le prix de l’adaptation cinématographique la plus ambitieuse du cinéma moderne, cette saga s’ouvre donc sur un film qui redéfinit ce qu’est un blockbuster d’aventure. A la manière d’un Spielberg qui s’attache avant tout à ses personnages, Jackson y intègre l’innovation technique d’un Lucas par sa propre société d’effets spéciaux, au service d’une ambition narrative gigantesque. Aidé par la musique tout aussi épique d’Howard Shore aussi puissante que celle en son temps de John Williams, La communauté de l’anneau remplit sa lourde tache: Entrer en matière en terre du milieu et même temps que s’inscrire au panthéon des plus grandes fresques du cinéma. Grisant, captivant, une seule envie après le film : « Let’s hunt some orc » !!


 Le seigneur des anneaux – la communauté de l’anneau un film de Peter Jackson avec Viggo Mortensen, Elijah Wood, Ian Mc Kellen, Christopher Lee

Pr Wicked

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2 réflexions au sujet de « La communauté de l’anneau – Le nouveau Star Wars »

  1. Ma foi… c’est fort bien résumé pour ceux qui, comme moi, connaissent et aiment déjà la trilogie de Jackson, passionné et concis pour quiconque s’interroge encore sur les bonnes raisons de se laisser tenter par cette saga mythique à plus d’un titre. Bravo, parce que c’est loin d’être facile 😉

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