Les deux tours – La seconde guerre mondiale du Milieu

Elijah_Wood_in_The_Lord_of_the_Rings-_The_Two_Towers_Wallpaper_3_1280« La communauté de l’anneau » fut un choc cinématographique indéniable pour tout fans de Tolkien, et de cinéma. Peter Jackson entrait dans la légende aux côtés des grands faiseurs de trilogies marquantes comme Spielberg (Indiana Jones), Zemeckis (Retour vers le futur) et Lucas (Star wars). Et comme ses pairs, c’est son second film le meilleur. Avec « Les deux tours », il nous livre une seconde partie à la hauteur de la puissance de l’œuvre écrite. Entre métaphore sociale et politique, servi par un montage alterné de trois histoires distinctes, Peter Jackson ébloui dans sa maitrise du spectaculaire.

Les-Deux-Tours-AfficheSynopsis : la Communauté s’est scindée en trois. Perdus dans les collines d’Emyn Muil, Frodon et Sam découvrent qu’ils sont suivis par Gollum, une créature corrompue par l’Anneau. Celui-ci leur promet de les conduire jusqu’à la Porte Noire du Mordor. A travers la Terre du Milieu, Aragorn, Legolas et Gimli font eux route vers le Rohan, le royaume assiégé de Theoden. Pour retrouver la trace de Merry et Pippin. Ces derniers prisonniers des Uruk-hai, se sont échappés et ont découvert dans la mystérieuse Forêt de Fangorn un allié inattendu : Sylvebarbe, gardien des arbres.

Les deux tours est un livre sombre et violent. Tolkien y révèle plus clairement que jamais l’inspiration très réelle que fut la sienne lorsqu’il écrit son œuvre. Traumatisé par la folie guerrière de 39 – 45  et la bêtise humaine, ses terres du milieu ne sont rien d’autres que l’Europe de la seconde guerre mondiale. Ce fumeur de pipe paisible, très Hobbit dans l’âme, était dépassé par cette folie destructrice et cette haine. Il créa donc une Allemagne (le Mordor) mue par le seul but de dominer le monde aprés sa défaite retentissante du passé (14-18). Assisté par L’Italie, son alliée (Isengard), tous deux à coup de discours de domination et de pouvoir galvanisent leurs armées pour envahir d’abord l’Autriche (Le Rohan) et s’étendre le plus loin possible. Seul un fol espoir face à tant de haine permettra aux opposants des deux tours de tenir bon jusqu’à ce que débarque les alliés (Gandalf et les Rohirims).

Tolkien, un auteur Hobbit las de la modernité et de la folie humaine

Tolkien, un auteur Hobbit las de la modernité et de la guerre

Tout ceci est parfaitement assimilé par Peter Jackson qui met en scène cette dimension nazi de la même manière que le faisait Leni Riefenstahl, chef de la propagande filmée. Contre plongée sur le leader Sarouman, alignements impressionnants de soldats, bannières hissées haut ( Santiaaanooo) , marches militaires, tout y passe pour illustrer le rapprochement entre troupes d’Isengard et invasion Nazi.

Hitler (Sarouman) et Goering (Grima) contemplent leurs troupes

Hitler (Sarouman) et Goering (Grima) contemplent leurs troupes

Chez Tolkien, Isengard est aussi là pour illustrer l’industrialisation d’une société moderne qui détruit la nature. Les deux tours est un livre (et donc un film) fondamentalement écologiste. Peter Jackson à la bonne idée de synthétiser cette idée dans le monologue de Sarouman où il explique que l’ancien monde est mort et qu’ à présent est venu le règne des machines et du métal . En bon écologiste, l’auteur nous apprendra que c’est précisément le mépris de la nature qui coutera la victoire à Sarouman. La dernière marche des Ents, vers Isengard où ils se servent de l’eau pour détruire Isengard est on ne peut plus symbolique de la supériorité de la nature sur les machines de l’homme.

Quand les arbres se rebellent à coup de rochers et d'eau. mère nature se fâche contre ces stupides humains

Quand les arbres se rebellent à coup de rochers et d’eau. Mère nature se fâche contre ces stupides humains

Cette scène, lorsqu’on lit le livre, on se demande comment il est possible de la porter à l’écran. Comme le reste des batailles folles écrites par l’auteur. Là encore, comme dans son premier volet, Jackson établit de nouveau standard en matière d’épique. De l’attaque des Ouargs, jusqu’à l’attaque des Ents en passant par la bataille du gouffre de Helm sans oublier la charge finale des Rohirims qui colle des frissons à coup sûrs, Les deux tours aligne les batailles bibliques avec brio et rythme. Encore un miracle permis par Weta workshop, la société d’effets spéciaux de Jackson qui a pondu un logiciel pour gérer tous ces milliers de combattants. Simplement impressionnant !

colossal, épique, inimaginable. La mise en scène démesurée de Peter Jackson

colossal, épique, inimaginable. La mise en scène démesurée de Peter Jackson

D’autant plus bluffant que le réalisateur dû relever un autre défi. Celui d’adapter à l’écran les trois récits séparés narrés entièrement les uns après les autres dans le livre. Un structure difficile à porter à l’écran, le réalisateur préfére découper son film en un montage altérné des 3 quêtes, et instille ainsi des ruptures de tons. Entre deux batailles épiques on peut ainsi descendre en pression en suivant Sam et Frodon dans les marais, ou en se promenant paisiblement dans Fangorn avec Merry et Pippin. A aucun moment les trois histoires ne se croisent ce qui permet d’avoir trois films isolées dans une grande fresque passionnante.

Tandis que la bataille fait rage, Frodon et sam s'avance vers le Mordor. Une alternance de récits parfaite

Tandis que la bataille fait rage, Frodon et sam s’avance vers le Mordor. Une alternance de récits parfaite

Enfin le film n’aurait pas tenu debout sans que la créature clé de la saga ne soit réussie. Gollum, cet ancien hobbit rongé jusqu’à l’âme par le pouvoir destructeur de l’anneau est LA claque des Deux tours. Incroyablement interprété par Andy Serkis qui lui prête voix et mouvements, le personnage s’intègre parfaitement avec les Hobbits. La schizophrénie que lui attribue Jackson, absente du livre, est là pour illustrer le combat intérieur du personnage, où luttent en permanence le bien et le mal. Gollum est sans conteste l’un des meilleurs personnages de la saga.

Gollum nous prépare un mauvais coup on dirait

Gollum nous prépare un mauvais coup on dirait

Contrairement au premier film, Les deux tours n’a pas à se charger d’exposer univers et enjeux. Il est là pour enclencher la machine de guerre, et lancer la bataille pour la terre du milieu. Une bataille qui nous plonge dans la démesure et le chaos d’affrontements colossaux maitrisés par un réalisateur définitivement à l’aise avec ce genre et soucieux à l’extrême de la fidélité des décors au roman. Tout le sous texte anti-militariste et écologiste de Tolkien y est parfaitement rendu au sein d’un montage alterné d’une rare complexité. Un film épique qui restera comme un des meilleurs du genre.

Les deux tours un film de Peter Jackson avec Elijah Wood, Sean Astin, Viggo Mortensen

Pr Wicked

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