Jurassic Park – Monstres et Merveilles

Jurassic-Park-revient-en-3D-en-2013_portrait_w532« Jurassic Park » en film de Noël , quelle drôle d’idée non ? Pas tant que ça. Ce serait oublier que Spielberg a toujours eu à cœur de contenter petits et grands dans la majorité de ces films. Ainsi quand 18 ans après « Les dents de la mer », il décide de revenir aux monstres mythiques, il mêle habilement humour, suspens, et horreur suggérée, pour arriver à un des sommets de sa filmographie…Welcome, to Jurassic Park !

jurassic-park-1993-aff-01-gSynopsis : à partir d’une goutte de sang absorbée par un moustique fossilisé que John Hammond et son équipe ont réussi à faire renaître une dizaine d’espèces de dinosaures. Il s’apprête maintenant avec la complicité du docteur Alan Grant, paléontologue de renom, et de son amie Ellie, à ouvrir le plus grand parc à thème du monde. Mais c’était sans compter la cupidité et la malveillance de l’informaticien Dennis Nedry, et éventuellement des dinosaures, seuls maîtres sur l’île

Jurassic Park est passionnant parce qu’il est emblématique de la manière dont le Spielberg conçoit son cinéma. C’est à dire un mélange de genres accessibles au plus large public possible. Ainsi le film part d’un postulat scientifique « crédible » pour faire adhérer la rationalité des adultes (si l’on peut analyser l’ADN et cloner, pourquoi pas des dinosaures), pour déboucher sur l’émerveillement le plus total qui ramène à la fascination qu’on a enfant pour ces bêtes ( Le merveilleux de la découverte de créature mythiques ressuscitées) et finalement se diriger vers film de suspens et d’horreur. Ainsi Jurassic Park permet à adultes et enfants de se laisser embarquer dans cette aventure plus grande que nature et d’adhérer de manière naturelle à l’histoire pourtant incroyable.

Quand les adultes rationnels s’émerveillent comme des enfants

Quand les adultes rationnels s’émerveillent comme des enfants

Ce qui fonctionne dans ce film c’est donc sa part de fantasmes assumés et de mystères. Pour jouer avec le spectateur et intensifier l’expérience, Spielberg va jouer sur ce que l’on peut voir (ou pas ), entendre, et deviner en tant que spectateur. Au lieu de montrer, il va suggérer par le son, ou par des signes visuels le danger. Prenez l’ouverture du film par exemple : écran noir,une musique menaçante, des feuillages, une cage, un homme qui se fait dévorer par une bête qu’on ne montre pas. Tout est suggéré. Il en sera de même avec la mythique scène du gobelet. Plutôt que de montrer le T-rex approcher, Spielberg filme d’abord les cercles de ce verre qui tremble avec la voiture et diffuse le son sourd des pas de la bête, seulement ensuite il montrera la bête, mais uniquement son pied. Un signe visuel souligné d’un signe sonore prolongé par l’aperçu d’une partie du corps . La puissance de la suggestion.

Suggérer la peur et installer ainsi à la fois de du mystère et du suspens. Ça c’est de la mise en scène.

Suggérer la peur et installer ainsi à la fois de du mystère et du suspens. Ça c’est de la mise en scène.

Ne se limitant pas au brio de sa mise en scène, Spielberg nous délivre aussi une relecture actualisée fascinante de son culte Les dents de la mer où il critiquait déjà la société de consommation. En 1975, le maire d’Amity Island refusait d’écouter les mises en garde de l’expert en requin car l’enjeu économique était trop grand. En 1993, le savant John Hammond a construit consciemment l’attraction autour de la bête qui a lui-même créé. Ce qui change c’est qu’ici le monstre est créé par l’homme. On retrouve bien sûr en écho le thème de King Kong dont Spielberg reprendra jusqu’à la porte géante emblématique. Une version modernisée de ce thème du merveilleux (Homme fasciné par la beauté et la grandeur de la nature) auquel succède la terreur (nature qui de par sa grandeur dépasse l’homme). Jurassic Park s’inscrit d’emblée dans cette lignée des grand films de monstres.

Ouiii, car toutes les bonnes idées commencent par "On va ressusciter des dinosaures"...

Ouiii, car toutes les bonnes idées commencent par « On va ressusciter des dinosaures »…

Cette puissante thématique du merveilleux est donc rapidement associée à une plongée dans l’action et l’horreur à suspens. Jurassic Park c’est un vrai grand 8 de scènes fascinantes qui scotchent comme seul Spielberg sait les faire. De la voiture maltraitée par le T-Rex suivie de sa chute incroyable dans l’arbre, on passe à la mission suicide pour réactiver le générateur de courant, non sans passer par les cuisines du Resort où deux Raptors jouent à un cache-cache mortel avec les enfants. On ne vous parle même pas du plan culte du T Rex dans le rétro qui mêle lui la thématique de ce qu’on donne à voir, à celui du suspens. On ressort du film aussi crevé que Grant et ses amis dans l’hélico qui les ramène vers la civilisation

Si c'est pas culte ça...

Si c’est pas culte ça…

De scéne d’actions incroyables en effets spéciaux révolutionnaires en passant par un des meilleurs thèmes de John Williams, Jurassic Park restera à jamais comme l’un des sommets de la filmographie brillante de Steven Spielberg. Un film où le suggéré l’emporte sur le démonstratif, où la peur succède à l’émerveillement et où la vie, quoi qu’on fasse, trouve un chemin.

Jurassic Park un film de Steven Spielberg avec
Sam Neill, Jeff Goldblum, Laura Dern

Pr Wicked

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6 réflexions au sujet de « Jurassic Park – Monstres et Merveilles »

  1. Le lien constant fait aux Dents de la Mer est juste parfait. J’attendais un article sur Jurassic Park et vous donnez en prime un rapprochement et quelques mots sur mon second film fétiche que je relie aussi souvent au premier, (mais plus difficilement concevable comme film de noël ^^) pensant à Jurassic Park et Jaws comme la crème du film de monstre et de terreur animale, élevant un genre de Série B au rang de chef d’oeuvre cinématographique. C’est totalement génial, merci beaucoup!

      • Le King Kong de 33 est un rêve sur pellicule. Ce film ne vieillit pas, ne se démode pas et ne perd rien de sa portée et de son ambition. Au contraire, à l’heure du « tout CGI », une telle merveille de Stop Motion dans des décors s’apparentant plus à de véritables oeuvres d’art est d’autant plus savoureuse. Le problème c’est que si j’ajoutais qu’en plus le rapprochement (inévitable) avec King Kong achevait de me graver un sourire niais et débile sur le visage pendant la lecture de l’article, ça risquait de faire un peu trop cirage de pompes ^^

  2. Bah c’est à dire que sur le sujet « dinosaures/requins/mondes perdus/gros gorille amoureux, je pourrais délayer longtemps à vous dire à quel point j’ai plaisir à lire des références à ces mythes, principalement ici puisqu’on semble partager certains intérêts et goûts. Alors j’y penserai à l’avenir, mais je doserai haha.
    Sur ce, je m’en retourne sur Isla Nublar à mes activités quotidiennes. Bonne journée et merci encore 🙂

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