Les lumières de la ville- Les adieux du vagabond

1024x768-50501f8639cb4Comment faire deviner le mot « cinéma » en une image ? En dessinant Charlot. Un personnage si puissant et simple, si drôle et touchant, qu’’il est impossible de rester insensible à ses histoires toutes autant chargées de tendresse que de naïveté. Les lumières de la ville, réalisé en 1931 réunis toutes ces caractéristiques, en nous amusant autant qu’il nous touche, par une combinaison magique de burlesque et de discours social. Chaplin… Ce génie.

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Synopsis
: Charlot, un vagabond, rencontre un jour une jeune fleuriste aveugle au coin d’une rue. Il en tombe aussitôt amoureux mais ne peux lui acheter ses fleurs comme il le voudrait. Plus tard dans la soirée, un concours de circonstance le fait fraterniser avec un richissime bourgeois qui voulait se tuer. Ce dernier choisit le vagabond comme compagnon de saoulerie. Charlot va alors essayer d’aider la jeune fille avec l’argent de son nouvel ami

1931 dans l’histoire du cinéma correspond à l’explosion du parlant. Le chanteur de Jazz était la sensation de l’année 1927, et le tout Hollywood 4 ans plus tard ne jurait plus que par ce nouvel outil de narration. Pour Chaplin alors déjà très avancé dans la préparation de son film, cela constituait un dilemme. En faire un parlant ou bien le terminer comme prévu, en muet. Il adoptera une solution intermédiaire, en incluant seulement des bruitages (rue, voitures). Il en résulte une étrange poésie, où l’on sent que les personnages sont sur le point de parler mais préfèrent la pantomime au langage. Un choix d’autant plus judicieux que le message sur l’acceptation de la différence de l’autre n’en devient que plus universel et que les sons sont choisis avec minutie.

A cause d'un bruit de portière, Charlot est pris pour un bourgeois.L'utilisation du son est formidable

A cause d’un bruit de portière, Charlot est pris pour un bourgeois.L’utilisation du son est formidable

Les lumières de la ville est chargé d’un fort message sur la tolérance. Ce vagabond (exclu social) tombe amoureux d’une aveugle elle aussi dans le besoin. Il deviendra ami avec un bourgeois qu’il sauve du suicide et qui ne daigne être son ami que lorsqu’il est ivre mort, c’est-à-dire quand il oublie ses conventions sociales. Chaplin insiste ainsi sur le décalage entre riches alcooliques suicidaires, coincés dans un modèle social figé et les vraies valeurs humaines des classes moins aisées. Certes manichéens mais tout à fait efficace.

sauver un riche saoul ça crée des liens...instables

sauver un riche saoul ça crée des liens…instables

On rit évidemment beaucoup devant ce film. Le génie burlesque de Chaplin qui n’est plus à prouver est à l’origine de son éternel succès chez petits et grands. Découvrir ce film c’est réaliser à quel point l’inventivité visuel du bonhomme était incroyable. Dans une chorégraphie de mouvements du corps ultra précis. et du décor incroyable chaque accessoire se transforme possibilité de gag visuel à l’inventivité folle. On retiendra l’hilarant échange interminable entre cigares allumés et éteints, qui donne le tournis et aussi un joli clin d’œil à La ruée vers l’or, lorsqu’il grignotera un cotillon tombé du plafond pensant que c’est un spaghetti. Visuellement brillant.

C'est bête mais alors qu'est ce que c'est drôle !

C’est bête mais alors qu’est ce que c’est drôle !

Et puis comme toujours chez Chaplin il y a cette tendresse, ce profond amour de l’homme. L’idylle complétement improbable entre ce clochard et cette aveugle est renversant tant il est simple et dénué d’artifices. Il veut qu’elle soit heureuse et lui faire recouvrer la vue. Qu’importe s’il doit boxer, travailler, il lui paiera cette opération. Et cet amour, alors qu’elle le pense fortuné, tiendra la distance quand une fois la vue retrouvée elle découvrira ce qu’il est vraiment. Un des finals incontestablement les plus poignants de l’histoire du cinéma. A coller des frissons rien qu’à y repenser.

Une des plus belles fins de films qui existe. L'amour...toujours, et charlot qui dit adieu

Une des plus belles fins de films qui existe. L’amour…toujours, et charlot qui dit adieu

Les lumières de la ville est incontournable car il plonge dans le cœur de notre charlot. Une romance qui glorifie l’amour de l’autre tel qu’il est et non selon sa situation sociale. Dernier film muet de Chaplin et donc adieu à Charlot, cette scène finale est iconique et est le meilleur des adieux que Chaplin pouvait nous offrir. Il tournera 4 ans plus tard Les temps modernes où il raccrochera son chapeau et sa canne. Absolument délicieux, hilarant, et émouvant, Les lumières de la ville est simplement un classique.

Les lumières de la ville un film de Charles Chaplin Avec
Charles Chaplin, Harry Myers, Al Ernest Garcia

Pr Wicked

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